Quelques heures seulement après l’élimination de Willy Ngoma à Rubaya, Sultani Makenga a succombé à ses blessures à 21h00. Le cerveau militaire de l’AFC/M23 à été touché grièvement lors de la frappe de drone menée par les Forces armées de la République Démocratique du Congo dans le territoire de Masisi.
Ce chef militaire de l’AFC/M23 avait été évacué en urgence vers une structure de soins, dans un état critique. À la tombée de la nuit, l’annonce de son décès a scellé une journée devenue historique, malgré toutes les tentatives opérées pour sa récupération.
Il s’agit d’une double neutralisation avec une grande conséquence sur le plan stratégique. En une seule journée, la rébellion a perdu son porte-parole et son chargé d’opérations. Car en effet, Willy Ngoma incarnait la marque publique du mouvement alors que Sultani Makenga en était le cerveau tactique, coordonnateur des offensives et même le garant de la discipline en interne.
À Rubaya et dans plusieurs positions stratégiques du Nord-Kivu, on signale déjà des mouvements de repli et des signes de confusion dans la soirée, à cause du vide brutal dans la chaîne de commandement. Cette perte risque de provoquer des luttes internes pour la succession, pourquoi pas des scissions au sein du mouvement. Sans leadership solide, la cohésion opérationnelle de l’AFC/M23 pourrait rapidement être affectée.
Pour les Forces Armées de la République Démocratique du Congo, cette journée restera dans les annales des opérations pour avoir mis hors-jeu deux des cerveaux moteurs de la coalition rebelle. Ceci démontre la capacité de repérage et de frappe précise qui pourrait entraîner la panique dans le camp de l’AFC/M-23.
Comme quoi, le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo n’a pas misé uniquement sur la diplomatie agissante. Il a également pourvu à l’équipement des FARDC en matériels de guerre nécessaires pour déjouer tous les pièges de l’ennemi et le prendre au dépourvu.
L’armée congolaise a préparé minutieusement son opération et frappé chirurgicalement sans bruit et sans traîtrise. Cela pourrait être la conséquence logique de la mise à l’écart de plusieurs hauts gradés des FARDC et l’arrestation de quelques-uns. Ce que certains considéraient comme une chasse à certaines origines finit par payer car sans infiltration, l’ennemi n’a aucune fuite sur les opérations programmées.
Emery Kazadi Tshibangu
